08/10/2009

Twarab, Duende, Soul...

Que la paix soit sur vous et Sa clémence et Sa bénédiction.


Bonjour à toi lecteur,


Une ouverture solennelle pour vous entretenir d'une forme musicale qui traverse les continents et les époques;  la musique de l'âme.


Je vais commencer ce voyage par l'Egypte ou au début du siècle dernier  est née cette forme de chanson-concert magnifiée par Oum Kalthoum. L'artiste que je vous propose de voir et écouter est Abd El Halim Hafez, lors des répétitions de Zay El Hawa un de ses derniers titres. Abd El Halim était un artiste complet comme vous pourrez le voir.





De l'Egypte ce genre s'est exporté dans tout le monde arabe par le cinéma dont Le Caire était la capitale jusqu'aux années 1980. Il a été adopté tel quel au Maghreb, que ce soit par Warda l'Algérienne qui n'a jamais chanté que de la chanson égyptienne ou par Abdelwahab Doukkali qui, de la pop francarabe, est arrivé à ce genre plus adulte et que nous écoutons dans un de ses classiques "la nuit, les étoiles, la lune, toi, moi  et le monde autour..."



La diffusion a aussi pénétré ces terres de créolité arabe de l'océan Indien que sont les rivages de la civilisation swahilie, où cette chanson égyptienne est devenue un genre à part entière appelé taarab et dont le fleuron se trouve sur l'île de Zanzibar. Là fleurirent les musical clubs qui marient musique égyptienne, chant swahili et danses bantoues. Voici le Culture Musical Club une des plus anciennes formations de l'île aux épices.




Culture Musical Club
Apporté par Run productions par ailleurs tourneur de l'excellent DJ Big Buddah.

Cette autre expression de l'âme pourra sembler incongrue, mais la voix comme vecteur d'émotions sincères ne connaît pas de frontières. La France, pays de la raison et de la retenue, n'est pas le pays qui a produit le plus de chanteurs se mettant à nu sur scène. Ses traditions musicales n'ont pas de formes se rapprochant de celles de ses voisins méditerranéens, pourtant, Edith Piaf emportera les foules avec sa voix dont le tremolo, de rigueur à l'époque, ne parvient pas à masquer la sincérité. "Non je ne regrette rien" en 1961




De cette autre terre de métissages qu'est la péninsule ibérique est issu le flamenco et son cante jondo, originaire du Rajasthan et enrichi par la nostalgie d'Al Andalus. De Terremoto de Jerez à El Camarron de La Isla, ces danses nous enivrent de saudade.





Concha Buika s'est appropriée ce genre pour en extraire l'essence et le réarranger, nous montrant ainsi sa parenté avec le blues et les musiques américaines. Notons également qu'elle fera le lien avec Edith Piaf à travers son interprétation de "La Bohême" de Charles Aznavour.




Ce qui me permet de conclure avec le prolongement américain de ces musiques de l'âme, interprété ici par Al Green dont la voix de velours ne cache pas la sincérité de l'expression. En 1973, il est au mieux de sa forme dans cette interprétation de Tired Of Being Alone.



Merci, veuillez ranger vos chaises et n'oubliez rien en partant.

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