19/02/2012

Black Rock Nu Gen

Nu Gen & Roots

Comment peut on faire erreur quand on a pour nom de groupe Alger (Algiers)?
Déjà parce que le simple nom d'Algiers est un pont entre Djzeyer porte Nord du continent africain, source de fantasmes divers depuis plusieurs siècles, et NOLA où la flamme des musiques africaines fut entretenue et d'où naquirent les formes indigènes d'expression américaine ou plus précisément les musiques créoles nord américaines.


Ce pont est complété par une réappropriation de l'histoire des musiques électriques, comme exprimé sur leur site/blog où se croisent jingles radios d'Atlanta, Andy Warhol et la scène allemande des 70s.
Maintenant, quand on regarde et écoute le clip illustrant leur 7" Blood, on comprend mieux.

Ce sentiment de musique fermement plantée dans ses racines est renforcé à l'écoute de la face B qui évoque furieusement le précurseur de ces musiques sans race: Sly Stone.


Le groupe Algiers, n'est pas seul dans cette entreprise d'hybridation musicale. Un foyer actif se trouve à Brooklyn, arrondissement de la grosse pomme devenu, pour cause de gentrification de Al Djazira de Manhattan, le lieu de concentration des expressions démunies et alternatives où on peut trouver autant de genres musicaux et fusions improbables que de pays d'origine dans cette babel post moderne.
En plus de la nébuleuse Dap Tones et du Barbès Café, il y a un bedroom label nommé Electric Cowbell qui produit des 7" allant du boogaloo à l'Alt Rock Songhaï en passant par l'éthio rock inspiré par les grands anciens d'Addis Abbeba

Black Rock

Ces groupes semblent avoir peu de choses en commun avec la génération précedente de Red Hot Chili Peppers à Fishbone en passant par Bad Mutha Goose & Brothers Grimm et Living Colour.




Black Gen

 Sly Stone ou Jimi Hendrix ont été affichées dans les Shrine du monde entier et une génération s'est levée et a continué leur oeuvre. Les artistes qui ont marché dans ces traces ont rarement atteint le succès et laissé une trace diffuse mais la force de la musique enregistrée, comme le livre, est de porter la voix de personnes disparues et oubliées et de permettre de renouer les fils d'une histoire de ces musiques encore à écrire. Ferry Djimmy, dont Jammagica parle mieux que moi tout en n'ayant guère plus de renseignements, est de ceux ci.

Francis Koffi Kingsley est un autre exemple de musicien hors pair, chez qui Jimi Hendrix est une forte influence au même titre que Arsenio Rodriguez. Exerçant son art dans l'Abidjan de années 1970, ce guitariste, Gambien d'origine, a laissé des enregistrements principalement sur le label SID accompagné par les Emitaïs, mais sans se limiter à celui-ci.
La Gambie, épine plantée par les Anglais dans le ventre du Sénégal, a été un précurseur en matière de rock dans la sous région. Et là, comme dans le golfe de Guinée, le rock fut le moteur d'une expression affranchie des canons afro-cubains, bantous et européens. Des Super Eagles naquit Ifang Bondi (sois toi même), puis ensuite vint le Guelewaar Band mené par la voix si particulière de Moussa Ngom.
Le Sénégal, bien que fermement ancré dans les sons afro-cubains, a aussi connu des hybridations qui ont trouvé asile en France principalement. Avec Wasis Diop, frère de Djibril Diop Mambéty, qui participa à des projets aussi novateurs que West African Cosmos ou l'album de Mfa Kera avant d'entamer une carrière solo où son élégance naturelle peut passer pour du détachement. Xalam, dans sa première formation commença comme les autres par jouer des rythmes afro-cubains, mais après les révélations Guinéennes et Gambiennes, ils entamèrent un tour du Sénégal afin de recueillir les chants et rythmes des différentes régions et de jouer une fusion afro-mandingue plus jazz que rock...

Nu Rock

Arsenio Rodriguez, d'origine congolaise et au son si particulier, peut être entendu dans ce remix de Baloji.

Baloji n'est pas le seul à se revendiquer d'une esthétique hybride, ancrée dans sa terre d'origine mais ne se pliant pas aux formes dominantes musicales de cette terre.
Blitz The Ambassador, bien qu'ayant débuté dans le hip hop des exilés, s'oriente maintenant vers un rock-funk avec son backing band.
Daara J suit la même trajectoire, le live amenant le groupe à dégager une énergie scénique de plus en plus rock.
Dans le même temps la perception d'une Afrique où l'expression artistique ne serait pas uniquement cantonnée à des musiques rurales traditionnelles ou urbaines de dancing commence à faire son chemin et un documentaire retrace le parcours de quelques uns de ces outcasts à travers le sud du continent.
Mais aujourd'hui le continent continue à voir émerger de tels ovnis qui pratiquent aussi bien une musique spatiale que tellurienne. Atypique dans son essence, Keziah Jones, bien qu'ayant débuté comme vagabond cosmique, a renoué avec les éléments de sa génèse musicale.
Café Negro de Luanda est de ceux là ainsi que ceux qui m'ont vraiment impressionné, les Blk Jks (Blek Jeks) de Soweto. Et comment classer Spoek Mathambo quand il reprend Joy Division?

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